critiques de films

OSS 117 : Rio ne répond plus (2009) de Michel Hazanavicius  (critiques de films) posté le jeudi 23 avril 2009 01:51

Y a un truc que j'adore au cinéma, c'est voir les gens quitter la salle durant le film, choqués par ce qu'ils sont en train de voir. C'est ainsi que j'ai pu voir une personne d'origine asiatique, peut-être chinoise quitter la salle lors d'une blague sur les chinois, et d'autres personnes partir lors de blagues sur le peuple juif. Ce qui me donne envie de lancer un début sur "Peut-on rire de tout ?". Non, je rigole, on s'en fout en fait.
En tous cas, vous aurez compris que le personnage d'OSS 117 est toujours aussi raciste, ne vous inquiétez pas pour autant, il reste également mysogine et toujours aussi idiot. Heureusement, puisque presque tout l'humour du film est basé là-dessus, à de rares exceptions près. Mais dire que le film est entièrement assuré par Jean Dujardin serait faux, car Hazanavicius y fait une fois de plus preuve de goûts en multipliant des références que le grand public ne verra pas forcément, avec une nette préférence pour le cinéma d'Hitchcock d'ailleurs (La Mort aux Trousses et Vertigo sont plusieurs fois cités, ainsi que la 5ème colonne) et une scène entière en hommage au Magnifique de Philippe De Broca. Les plus geeks d'entre nous apprécieront également l'hommage rendu aux films de "lucha libre".
Par contre, une chose qui m'a fortement déplue, c'est le copié-collé d'un gag complet d'Austin Powers de Jay Roach (le gag du téléphone en split-screen). Car si le principe même d'avoir fait d'OSS 117 une parodie renvoit forcément au personnage créé par Mike Myers, je pense qu'il y avait une manière plus subtil de lui rendre hommage. De même, le rythme du film souffre toujours du fait que l'histoire ne semble être qu'un prétexte à l'enchainement de sketch, même si cela se ressent un peu moins que dans le premier volet.
Mais ce OSS 117 n'en est pas moins une bonne comédie, chose rare en France ces temps-ci. google_ad_section_end -->

Jonathan Placide

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OSS 117 : le Caire nid d'espions (2006) Michel Hazanavicius  (critiques de films) posté le jeudi 23 avril 2009 01:47

Lorsqu'en 2006, Michel Hazanavicius décide de réaliser OSS 117, ce n'est pas tout à fait pour en faire une énième adaptation des romans de Jean Bruce, mais plutôt un détournement. En cela, il peut effectivement passer pour l'homme de la situation, lui qui est surtout connu pour avoir réaliser "Le Grand détournement" (aussi connu sous le nom de "classe américaine"), même si on peut effectivement douter de lui vu ses travaux récents (scénariste des Daltons...).
L'idée est assez simple et menée avec talent, Hazanavicius reprend l'esthétique du technicolor et des anciens OSS 117 avec brio. Il réalise ainsi une sorte de film expérimental ne sombrant jamais dans la gratuité. D'ailleurs, le fait de tourner le film en hommage à un cinéma désormais quasiment disparu permet, chose rare ces derniers temps, d'offrir des scènes de combat tout a fait lisible et correctement mises en scènes. Ce qui n'empêche pas quelques plans ratés (le coup de poing face caméra par exemple). Il est aidé par une équipe technique totalement dévouée au film, dont Guillaume Schiffman qui réalise un formidable travail en tant que directeur de la photographie et aussi, bien sûr, Jean Dujardin. L'acteur excelle à camper le personnage d'OSS 117, un espion crétin, mysogine et raciste, que son jeu réussit à rendre attachant, ce qui était loin d'être gagné, surtout que presque tout l'humour du film tourne autour de ses répliques et réactions.
Reste que si l'humour est omniprésent et la réalisation bien au-dessus de ce que propose la comédie française en général, il n'en reste pas moins que le scénario est le véritable point faible du film. Tout semble en effet avoir été écrit par séquence, et donne plus l'impression de suivre un assemblage de sketch aux personnages récurrents, qu'un scénario avec de véritables enjeux.
Dommage, mais c'est tellement mieux que "Bienvenue chez les Ch'tis".

Jonathan Placide

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L'homme de Rio (1964) de Philippe De Broca  (critiques de films) posté le samedi 17 janvier 2009 14:10

Réalisé en 1964 avec donc Jean Paul Belmondo dans le rôle titre, l’Homme de Rio est un autre film d’aventure de De Broca. Mais le bonhomme étant visiblement capable de se renouveler tout en gardant ses préoccupations et son univers, il nous concocte, encore une fois, un festival de légèreté totalement trépidant. Si la mise en scène mériterait parfois d’avoir une meilleure gestion de l’espace (dans la scène de fin avec les lianes) et que le film comporte quelques faux raccords (notamment lors des scènes d’actions) très visibles, il semble impossible de bouder cette œuvre totalement survoltée.

Car ce qui frappe lorsque l’on voit L’Homme de Rio c’est à quel point le personnage de Belmondo court, il court toujours, il ne s’arrête jamais ! Il passe d’un lieu à un autre, il fout le bordel partout, il est continuellement poursuivi par tout le monde, on a l’impression de voir le descendant d’un humour français que l’on à connu lors du muet, notamment dans les films de ,l’un peu trop oublié, Jean Durand, ou des personnages couraient durant 10 mn, poursuivis par tout le monde et cassant tout sur leurs passages, ne s’arrêtant jamais, malgré les meubles, les tables et les pianos qui leurs tombaient sur la tronche.
Et tout comme Durand influença le cinéma américain (Griffith lui même tourna un film dans l’esprit de ses comédies), on retrouve l’héritage du film de De Broca dans rien de moins qu’une saga réalisée par le plus grand cinéaste contemporain : la saga Indiana Jones de Steven Spielberg. Qu’il s’agisse de la relation entre Belmondo et un enfant durant une partie du film (faisant pensé a Jones / Demi Lune), de l’histoire d’amour électrique et délirante entre les deux protagonistes, de l’attitude très détendue et têtue de Belmondo, ainsi que de la recherche d’objets d’arts anciens par des personnes les convoitant à tout prix, aux morceaux de bravoures en pays étrangers (la séquence délirante et très audacieuse ou Belmondo se balade dans les airs sur son avion faisant des pirouettes) aux expédition en pleine nature pour réveiller un pouvoir ancien qui détruira les personnes qu’ils l’utilisent, il semble impossible de ne pas penser à la saga de Spielberg. Mais il faut également souligné que De Broca s’est beaucoup inspiré de la bande dessinée (on pense notamment aux aventures de Tintin), référence également très présente dans le cinéma de Spielberg (il va tourner en performance capture une adaptation de la bd d’Hergé et les influences étaient visible dans Le Temple Maudit).

Comme souvent chez De Broca c’est la femme (Francoise d’Orléac, délicieuse et excellente, qui forme un merveilleux duo avec Belmondo) qui fait pénétrer un homme dans une aventure délirante, lui faisant passer des épreuves qui lui feront prendre conscience de certaines choses. La fin illustre bien cela, lorsqu’un compagnon lui dit qu’il a traversé un long périple dans Paris pour venir jusqu’au train, Belmondo sourit, lui qui vient d’aller jusqu’à Rio pour une chevauchée fantastique ininterrompue. Les voies de l’imaginaire sont décidément impénétrable...

Ainsi la dernière image montre le train partant au loin, avec un vieux bonhomme allant dans le sens inverse, encore une fois, une phrase nous vient en tête : « amuse toi ça empêche de mourir » (même si la on devrait remplacer le mot « amuse » par "courir", car Belmondo à dût en baver !).

David Gendreau

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Une histoire immortelle (1967) d'Orson Welles  (critiques de films) posté le lundi 12 janvier 2009 11:56

Un film d'Orson Welles sur un blog consacré au cinéma français ? Bah oui, figurez-vous que ce film méconnu du cinéaste est bien un film français.

Jonathan Placide

Après les difficultés rencontrées sur le tournage de The Trial (1962) et de nombreux projets avortés, Welles reste toujours en France et décide de se tourner (avec un terrible désespoir) vers la télévision française pour adapter un "conte" de Karen Blixen.

En 1967, sur les écrans de télévision française sort donc une oeuvre pleinement cinématographique, qui demeurera l'oeuvre la plus onirique du cinéaste : The Immortal Story.
Welles raconte l'histoire d'un homme (im)puissant Monsieur Clay, obsédé par une histoire malsaine. Cette dernière raconte donc l'intrigue d'un jeune marin qu rencontre un homme riche, vieux, qui lui offre cinq guinées pour concevoir un enfant avec sa femme, plus jeune que lui.
Clay (incarné par un Welles imposant et terrifiant) se met donc en tête de reproduire dans la réalité cette histoire avec un jeune étranger et sa propre femme (la merveilleuse Jeanne Moreau).

The Immortal Story se distingue par plusieurs points : tout d'abord, c'est la première oeuvre de Welles en couleur. Le cinéaste avait toujours eu une crainte de l'utiliser dans ses films, par peur de "trahir" un principe photographique du cinéma. Mais Welles est, en plus d'un comédien, scénariste, metteur en scène de théâtre, décorateur, musicien, polyglotte, prestidigitateur, metteur en onde, également un peintre doué (sa première formation artistique) et propose toute sa science de la colorisation dans ce film où les couleurs chaudes et froides ne sont pas uniquement symboliques, mais faisant partie d'une stylisation métaphysique.
Puis le film se distingue par rapport à une des thématiques les plus passionnantes du cinéaste. On a déjà mentionnés dans le topic consacré à
Confidential Report, que la présence de Welles à l'écran était la projection "démiurgique" du créateur dans la propre histoire qu'il raconte. Et c'est exactement le propos même du scénario de ce film, précisément. Welles acteur et Welles cinéaste sont les deux phases d'une même personne qui tentent de comprendre le secret de son travail créatif, ainsi que le secret de sa propre personnalité.

L'oeuvre est donc une mise en abyme, et je ne trouve pas d'autres termes, véritablement géniale en même temps qu'évidente.

Visuellement splendide, d'une profondeur prodigieuse, cette tragédie romanesque est tout simplement une oeuvre d'art.

Guillaume Trenc-Torres

P.S. : ce film est finalement sorti au cinéma la même année et a été, encore une fois, retouché par les distributeurs.
Et si quelqu'un d'entre vous y voit une édition DVD, faites-moi signe le plus rapidement possible.

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XIII  (critiques de films) posté le dimanche 11 janvier 2009 01:32

Argent, voici ce qui semble avoir été le maître-mot de la mise en oeuvre de cette série adaptée de la célèbre bande-dessinée, pour le meilleur mais aussi pour le pire.
Le meilleur, c'est avant tout ce qui saute aux yeux. La série est tournée en anglais et aux Etats-Unis avec une équipe quasi-entièrement américaine, acteurs y compris. Par rapport à la plupart des séries françaises, le gain est énorme, puisque la série est esthétiquement belle, comme le sont presque toutes les séries américaines. Le hic, c'est que cela semble avoir été le but recherché, à savoir "faire aussi bien que". Alors, oui on y arrive, mais c'est tout. La série est donc jolie. La réalisation est efficace, dans la norme également de ce qui se fait aux Etats-Unis. Normal, le réalisateur n'est autre que Duane Clark, qui a déjà travaillé sur des séries telles que Les Experts (Manhattan, Miami, Las Vegas, et même à la plage, oups pardon...) ou Jericho. Niveau casting, on a donc des acteurs connus mais pas trop ou du moins plus autant qu'avant avec Stephen Dorff, Val Kilmer et celle qui semble vouloir jouer dans toutes les séries du monde Jessalyn Gilsig (Heroes, Nip Tuck). Et c'est là que l'on comprend l'ambition de la série, à savoir plaire à tout prix, ce qui est facilité bien sûr par tous les éléments pré-cités mais surtout par le biais de la license qui, uniquement par son nom est capable d'attirer de nombreux spectateurs, et de mécontenter les fans. Car si XIII, la bd s'inspirait des romans de Ludlum, la série, elle s'inspire clairement des films qui en s'en tirés et donc se permet de mettre en place des acteurs qui n'ont strictement rien à voir physiquement avec le personnage qu'ils campent, faisant de XIII une copie physique de Jason Bourne. Le scénario joue sur le même registre et "modernise" si besoin était, l'intrigue afin qu'elle se déroule de nos jours et qu'elle soit plus proche de la situation politique actuelle.
Soyons d'accord, tout cela fonctionne et on peut réellement retirer du plaisir à la vision de cette première saison de deux épisodes, il est juste dommage que les ambitions soient uniquement financières et non un poil plus artistiques. Mais c'est toujours mieux que Julie Lescaut quand même.

Jonathan Placide

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