Si JCVD n’est pas totalement ce que l’on pourrait appeler un film de genre (quoique…), il est tellement rare d’avoir des projets aussi geek et aussi couillu en France qu’il était difficile de faire l’impasse sur un tel film.
Le film de Mabrouk El Mechri s’inscrit donc avant tout comme un véritable hommage à Van Damme, l’acteur qui a réussi à devenir une star internationale en ne tournant quasiment que dans des nanars, l’homme qui a fait venir les plus grands cinéastes HK aux Etats-Unis avant d’être ridiculisé à la télévision par des animateurs à deux balles. Et la note d’intention est claire dès le départ par le biais s d’un très joli plan séquence d’action qui termine dans un studio de tournage dont l’acteur part blasé d’être pris pour un con par son réalisateur. Et le film jouera constamment sur ces deux tableaux, celui du film de genre (en l’occurrence, le film de braquages) et la réalité dans laquelle s’inscrit le personnage principal, à savoir Jean Claude Van Damme jusqu’à ce que ces deux mondes finissent par se rejoindre lors d’un très émouvant discours de l’homme face caméra. Ce retour sensible de l’acteur belge qui trouve ici certainement son meilleur rôle n’est d’ailleurs pas sans rappeler le retour de Sylvester Stallone avec Rocky Balboa, celui d’un homme brisé qui joue plus qu’un rôle, en dévoilant littéralement sa vie au public.
En terme de narration, JCVD applique le principe de multiplication des points de vues avec plus ou moins de bonheur, il faut le constater, car si certains choix s’avèrent judicieux, d’autres ne font que rendre le film légèrement répétitifs, il en est de même avec certains personnages tel que le jeune du début et le gangster dont le caractère de fanboy aurait pu ne servir qu’à un seul personnage. Reste qu’il faut avouer que ce choix est audacieux. De même, on peut se questionner sur l’intérêt d’une telle entreprise dans le temps, les références et l’histoire étant trop ancrés dans notre culture 1990-2000 pour pouvoir survivre aux années qui passent.
Etonnant de voir également à quel point la mise en scène est maitrisé et élégante, El Mechri n’hésitant pas à faire des séquences très peu découpées mais admirablement mises en valeurs par des mouvements de machineries complexes et une photographie crépusculaire réellement magnifique. Le seul défaut provenant alors de certains tics très « arts et essais » de vouloir à tout prix faire des plans originaux qui ne servent pas obligatoirement l’histoire et rendre l’appréciation de certaines scènes difficile pour pas grand choses (les plans en question ne cherchant pas à appuyer de symbolique particulière).
Tout ça pour dire que JCVD est un très agréable divertissement dans l’ensemble qu’il serait dommage de bouder et qui, on l’espère donnera un sérieux coup de pouce à la carrière d’un homme qui le mérite.
Jonathan Placide










