Lorsqu'en 2006, Michel Hazanavicius
décide de réaliser OSS 117, ce n'est pas tout à fait pour en faire
une énième adaptation des romans de Jean Bruce, mais plutôt un
détournement. En cela, il peut effectivement passer pour l'homme de
la situation, lui qui est surtout connu pour avoir réaliser "Le
Grand détournement" (aussi connu sous le nom de "classe
américaine"), même si on peut effectivement douter de lui vu ses
travaux récents (scénariste des Daltons...).
L'idée est assez simple et menée avec talent, Hazanavicius reprend
l'esthétique du technicolor et des anciens OSS 117 avec brio. Il
réalise ainsi une sorte de film expérimental ne sombrant jamais
dans la gratuité. D'ailleurs, le fait de tourner le film en hommage
à un cinéma désormais quasiment disparu permet, chose rare ces
derniers temps, d'offrir des scènes de combat tout a fait lisible
et correctement mises en scènes. Ce qui n'empêche pas quelques
plans ratés (le coup de poing face caméra par exemple). Il est aidé
par une équipe technique totalement dévouée au film, dont Guillaume
Schiffman qui réalise un formidable travail en tant que directeur
de la photographie et aussi, bien sûr, Jean Dujardin. L'acteur
excelle à camper le personnage d'OSS 117, un espion crétin,
mysogine et raciste, que son jeu réussit à rendre attachant, ce qui
était loin d'être gagné, surtout que presque tout l'humour du film
tourne autour de ses répliques et réactions.
Reste que si l'humour est omniprésent et la réalisation bien
au-dessus de ce que propose la comédie française en général, il
n'en reste pas moins que le scénario est le véritable point faible
du film. Tout semble en effet avoir été écrit par séquence, et
donne plus l'impression de suivre un assemblage de sketch aux
personnages récurrents, qu'un scénario avec de véritables
enjeux.
Dommage, mais c'est tellement mieux que "Bienvenue chez les
Ch'tis".
Jonathan
Placide