Réalisé en 1964 avec donc Jean Paul
Belmondo dans le rôle titre, l’Homme de Rio est un autre film
d’aventure de De Broca. Mais le bonhomme étant visiblement
capable de se renouveler tout en gardant ses préoccupations et son
univers, il nous concocte, encore une fois, un festival de légèreté
totalement trépidant. Si la mise en scène mériterait parfois
d’avoir une meilleure gestion de l’espace (dans la
scène de fin avec les lianes) et que le film comporte quelques faux
raccords (notamment lors des scènes d’actions) très visibles,
il semble impossible de bouder cette œuvre totalement
survoltée.
Car ce qui frappe lorsque l’on voit L’Homme de Rio
c’est à quel point le personnage de Belmondo court, il court
toujours, il ne s’arrête jamais ! Il passe d’un lieu à
un autre, il fout le bordel partout, il est continuellement
poursuivi par tout le monde, on a l’impression de voir le
descendant d’un humour français que l’on à connu lors
du muet, notamment dans les films de ,l’un peu trop oublié,
Jean Durand, ou des personnages couraient durant 10 mn, poursuivis
par tout le monde et cassant tout sur leurs passages, ne
s’arrêtant jamais, malgré les meubles, les tables et les
pianos qui leurs tombaient sur la tronche.
Et tout comme Durand influença le cinéma américain (Griffith lui
même tourna un film dans l’esprit de ses comédies), on
retrouve l’héritage du film de De Broca dans rien de moins
qu’une saga réalisée par le plus grand cinéaste contemporain
: la saga Indiana
Jones de Steven Spielberg. Qu’il s’agisse de la
relation entre Belmondo et un enfant durant une partie du film
(faisant pensé a Jones / Demi Lune), de l’histoire
d’amour électrique et délirante entre les deux protagonistes,
de l’attitude très détendue et têtue de Belmondo, ainsi que
de la recherche d’objets d’arts anciens par des
personnes les convoitant à tout prix, aux morceaux de bravoures en
pays étrangers (la séquence délirante et très audacieuse ou
Belmondo se balade dans les airs sur son avion faisant des
pirouettes) aux expédition en pleine nature pour réveiller un
pouvoir ancien qui détruira les personnes qu’ils
l’utilisent, il semble impossible de ne pas penser à la saga
de Spielberg. Mais il faut également souligné que De Broca
s’est beaucoup inspiré de la bande dessinée (on pense
notamment aux aventures de Tintin), référence également très
présente dans le cinéma de Spielberg (il va tourner en performance
capture une adaptation de la bd d’Hergé et les influences
étaient visible dans Le Temple Maudit).
Comme souvent chez De Broca c’est la femme (Francoise
d’Orléac, délicieuse et excellente, qui forme un merveilleux
duo avec Belmondo) qui fait pénétrer un homme dans une aventure
délirante, lui faisant passer des épreuves qui lui feront prendre
conscience de certaines choses. La fin illustre bien cela,
lorsqu’un compagnon lui dit qu’il a traversé un long
périple dans Paris pour venir jusqu’au train, Belmondo
sourit, lui qui vient d’aller jusqu’à Rio pour une
chevauchée fantastique ininterrompue. Les voies de
l’imaginaire sont décidément impénétrable...
Ainsi la dernière image montre le train partant au loin, avec un
vieux bonhomme allant dans le sens inverse, encore une fois, une
phrase nous vient en tête : « amuse toi ça empêche de mourir »
(même si la on devrait remplacer le mot « amuse » par "courir", car
Belmondo à dût en baver !).
David
Gendreau
David
dim 25 jan 2009 10:01