Tout
d'abord, mes remerciements vont à Julien Maury et Alexandre
Bustillo puisque c'est à travers leurs interviews qu'ils
m'ont donné l'envie de découvrir ce film
oublié de tous qu'est "Mort un dimanche de pluie" de Joel
Santoni, et c'est donc au bout de presque dix mois de recherche que
j'arrive enfin à visionner le film en question,
quasi-introuvable s'il en est. Et croyez-moi, cela en valait la
peine.
Car si le film semble de prime abord par son scénario de
base chercher à lorgner vers les thrillers américain
sur les drames familiaux tels qu'il en existe des centaines et qui
fleurissaient sur les écrans de TV et de cinéma dans
les années 80, c'est par son ambiance qu'il diffère
largement de ceux-ci. Car le film de Santoni possède une
ambiance tout bonnement malsaine, faite de non-dits entre les
personnages que seuls des acteurs au sommet de leur art, comme
c'est le cas ici, pouvaient retranscrire. Et c'est dans cette
atmosphère lourde et oppressante que le mal arrive et semble
nous sauter à la gorge tant Santoni n'y va pas avec le dos
de la cuillère, osant des scènes tout bonnement
inimaginables aujourd'hui, à cause des lois de censures sur
les films, dont une que l'on n'ait pas prêts de revoir et que
je ne dévoilerait pas pour tous ceux n'ayant pas vus le
film. Mais ses scènes n'existeraient bien sûr pas sans
le scénario qui, s'il cherche à reproduire certains
codes à l'américaine, essaie également de
retransmettre un message purement féministe selon lequel ce
sont les hommes qui diabolisent les femmes. Ce qui est dit de
façon très subtil, mais néanmoins clairement
compréhensible, jusque dans une formidable image de
fin.
Il est cependant dommage que le film se perde vers la fin,
justement dans un slasher bas de gamme avec résurrection
à la clé tant l'on tenait là une
véritable perle du cinéma français, perle qui
aurait pu être un chef d'oeuvre sans cela. Il est donc fort
dommage que Joel Santoni n'ait pas continué dans cette voie
par la suite (parce que "Une famille formidable", c'est pas tout
à fait la même chose quand même).
Jonathan Placide

jonathanplacide
dim 08 jun 2008 20:05