A l'intérieur (2007) d'Alexandre Bustillo et Julien Maury (critiques de films) posté le jeudi 21 février 2008 13:59

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En réalisant ce film, nul doute qu'Alexandre Bustillo, suivant les traces de Christophe Gans et d'autres, réalise le fantasme de nombre de critiques de cinéma, ce qu'il résume lui-même en interview en disant "ils sont comme des mecs qui regardent du porno toute leur vie sans jamais baiser, et qui se disent que ce serait bien de baiser pour de vrai quand même". Et nul doute qu'une jalousie n'a pu que s'installer quand on voit que de tous les films français de genre, ce sont justement ceux réalisés par Gans ou Bustillo qui reçoivent les critiques les plus assassines (ce qui ne signifie pas que les autres films de genre soient réellement bien mieux lotis), comme par exemple ce "Mais que faisait à la Semaine de la critique ce navet à peine ignominieux ?" paru dans Positif pour voir l'ampleur des dégats.
Qu'en est-il exactement du film de Bustillo et Maury ? Et bien, pour ma part, je dirais qu'il s'agit d'une véritable réussite. Le film réussit avec un certain brio à ne jamais être dans la citation de ces références et à s'en démarquer habilement pour créer un vrai univers bien plus intéressant que ce que Bustillo et Maury veulent nous faire croire en considérant leur film comme un simple slasher alors qu'il semble se poser comme un mélange très habile de giallo à la Argento (Ténèbres en particulier) et de Survival, tout cela sur le ton du grand guignol. Mieux encore le film dérive sur la fin vers de la véritable poésie morbide avec brio comme on ne le voit que trop rarement au cinéma, nous rappelant ainsi les grandes heures de Lucio Fulci. Ce qui est d'ailleurs très étonnant, c'est que Bustillo et Maury, à l'instar de Fabrice Du Welz avant eux, ne tombent pas dans les pièges du premier film et réaliseraient presqu'un sans faute (le scénario est tout simplement brillant et ne comporte à la limite que deux scories minimes, à savoir la mort de la mère et le numéro 666 sur la maison limite lourdingue) s'ils avaient été entourés par une équipe technique qui croyait au projet, ce qui n'est assurément pas le cas. Car si la réalisation est parfaitement adaptée au sujet, évitant l'expérimentation et l'esbrouffe visuelle pour se révéler réellement viscérable, le film est plombé par une production design catastrophique, qui fait que l'on n'a beaucoup de mal à croire en la véracité du lieu d'habitation héroïne, que l'éclairage pourtant habile ne parvient pas à cacher. De même, la musique du film a du mal à convaincre, car trop envahissante, même si ces influences que l'on devine du côté des Goblin sont nobles, elle ne les égale pas et plombe certains moments du film, en particulier au début. Mais ces légers défauts n'enlèvent rien au charme de ce film superbement interprété par Dalle et Paradis, habités par leurs personnages, et surtout réellement original dans le paysage cinématographique actuel. Un film dont il faut se faire un devoir de l'acheter en dvd afin de soutenir le cinéma de genre français !
Jonathan Placide 

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  • jean michel a posté :mercredi 12 mars 2008 16:44

    bravo pour cette critique, je pense comme toi, c'est un petit bijou (n'oublions pas que c'est un premier film !!!). Je l'ai vu il y a trois jours et depuis j'y pense beaucoup, comme quoi, ce n'est pas juste un film gore...

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