La mariée était en noir (1968) de François Truffaut (critiques de films) posté le lundi 28 janvier 2008 22:02

alfred hitchcock, bernard herrman, cinema de genre, film noir, francais, francois truffaut, freek films, jean-claude brialy, jeanne moreau, la mariee etait en noir, michel boucquet

Blog de jonathanplacide : Freek Films, La mariée était en noir (1968) de François Truffaut

C’est en 1967 qu’en tant que fan  d’Alfred Hitchcock (il fait alors parti des seuls chez les critiques, et oui !), François Truffaut décide de lui rendre hommage. Et autant dire que le film s’assume totalement pour ce qu’il est, un véritable film de genre et un véritable hommage au maître du suspense, ce qui ne pardonne pas puisque le film fut considéré et l’est toujours d’ailleurs comme l’un des plus mauvais film du cinéaste (comme par hasard…). Qu’en est-il réellement ?

Tout d’abord, parlons de l’hommage à Hitchcock qui est ici, plus que visible, ne serai-ce que par le choix du compositeur Bernard Herrman qui nous joue ici une partition on ne peut plus hitchcockienne et clairement utilisée de manière extra-diégétique. Mais également par le découpage, bien plus dynamique qu’à l’accoutumé chez Truffaut et en parfaite harmonie avec le style du maître, comme en témoigne la scène de l’opéra, brillant hommage à « l’homme qui en savait trop ». D’autant que la symbolique elle-même nous renvoi également à Hitchcock, en particulier à « Psychose » pour le noir et le blanc qui interagissent sur le mental des personnages, « Vertigo » pour les apparitions quasi-fantomatiques de la mariée et « Soupçons » pour la bouteille empoisonnée et le caractère du personnage principal qui renvoie également à « l’ombre d’un doute » ainsi que quelques clins d’œil dont l’un, hilarant, aux « oiseaux ». Et si la mise en scène réussit parfois à nous donner l’illusion d’être en face d’un film du maître notamment par ces mouvements d’appareils, elle nous rappelle tout aussi souvent que nous sommes en face d’un film de Truffaut. Et sans vouloir dénigrer ce cinéaste que j’aime par ailleurs beaucoup, c’est là qu’est le principal défaut du film car certains cadres volontairement non-académiques et certains effets de montage très nouvelle vague tels que les jump-cut au sein d’une même action ont tendance à nous faire trop ressortir d’un film où l’attachement aux personnages est pourtant primordial. Car c’était pourtant là l’un des principaux traits du cinéaste d’Hitchcock, à savoir que s’il était expérimental par bien des aspects, c’était toujours pour coller de plus près à l’histoire racontée, ce qui n’est absolument pas le cas chez Truffaut dans ce film.

Reste qu’en dehors de cela, et d’un scénario qui aurait gagné à être un brin plus explicite, ce film est une véritable petite réussite dans le genre à la française, brillamment interprété et qui fut clairement, malgré qu’il le désavoue, une source d’inspiration pour « Kill Bill » de Quentin Tarantino.

Jonathan Placide

Retrouvez tous les articles

Déposez un commentaire !

Votre commentaire sera mis en ligne après validation de l'auteur de ce blog

Mieux vous connaître (facultatif) :

Attention, les propos injurieux, racistes, etc. sont interdits sur ce site.
Si une personne porte plainte, nous utiliserons votre adresse internet (38.103.63.59) pour vous identifier.

Tous les commentaires liés à l'article : La mariée était en noir (1968) de François Truffaut

Aucun commentaire

 -