Gu, un gangster celebre, s'evade d'une
prison apres 10 ans au trou. Il veut s'echapper en Italie avec sa
femme. Mais il a besoin d'argent et accepte un dernier coup qui
tourne bien. Sauf que la police se met encore plus a ses trousses
et le coince.
Passer derriere Melville c'est pas facile, c'est pourquoi Corneau
va tenter de revisiter le classique de Jean Pierre essentiellement
visuellement, et ca marche du tonnerre. On a devant nous une
photographie somptueuse, une production design ultra
soignée, une superbe utilisation des couleurs. De plus
Corneau opte pour un visuel totalement different de celui de
Melville. La ou Jean Pierre optait pour une realisation discrete,
Corneau choisi un traitement stylisé voir presque
experimental ponctué de plans superbes. J'aime
particulierement le choix des decors, notemment cet espece de grand
hangar desafecte.Ce qui donne lieu a un film visuellement superbe,
ou le realisateur tire le maximum de ces ambiances ultra classe, et
arrive a profiter au maximum de ces manteaux et chapeaux noirs.
Certaine scene sont d'ailleurs magnifique , j'apprecie tout
particulierement l'une des dernieres scene, ou Auteuil va voir
armé de deux flingues, les trois bandits. Il arrive donc
dans un deuxieme souffle, a rendre un magnifique hommage au film
noir en lui donnant un aspect visuel nouveaux. Il arrive a tire du
film une violence a la fois brutal et stylisé ou chaque
coups recus est clairement montré et ou chaque goutte de
sang est cadré. L'oeuvre degage une certaine tristesse, ou
plutot une certaine melancolie par rapport a un autre age et un
certain degout par rapport a notre epoque. Et le realisateur arrive
a tire pleinement de ses 2h30, on ne s'ennuye jamais et ca ne
brasse jamais du vide.
Le seul vrai hic est d'une actrice. Car si Auteuil s'en sort avec
les honneurs (il est neanmoins dommage que ce soit toujours les
meme acteurs), si Michel Blanc s'en sort aussi plutot bien (excepte
a la scene de debut lorsqu'il est dans le bar, scene genial dans le
film de Melville qui est ici tres moyennement joué) et si
quelques seconds role sont vraiment bon (comme l'autre inspecteur
charge de l'enquete ou le jeune nerveux qui ressemble a Delon) le
casting est gache par Mademoiselle Belucci qui des qu'elle ouvre la
bouche prononce des paroles qui sonnent faux. Mais bon lorsqu'elle
se taie elle est plutot credible, donc ca passe.
Mais je trouve que ce Deuxieme souffle est une evidente reussite,
dote d'un traitement risqué et audacieux et qui se trouve
etre un des films les plus beaux plastiquement de cette
année.
J'en suis donc tres content et c'est avec grand plaisir que je le
reverrais.
David Gendreau