Voilà encore un
film que j’aimerais défendre mais dont la vision
m’en empêche fortement et c’est bien dommage.
Défendre le film, pourquoi ? Parce qu’il est
tiré d’un roman de Jean-Christophe Grangé tout
d’abord, ce qui peut-être considéré comme
un gage de qualité en soi ou du moins comme une promesse
d’enquête rondement menée à mille lieue
d’un Navarro ou autre commissaire Moulin. Mais
également parce qu’il est réalisé par un
Chris Nahon qui bénéficie pour l’occasion
d’un budget confortable et apparemment d’une certaine
liberté artistique et de Jean Reno en tête
d’affiche.
Et c’est justement le premier reproche que l’on peut
faire à ce film. Car si Jean Reno a toujours eu tendance
à jouer plus ou moins de la même façon, il a
toujours bénéficié d’un charisme
exceptionnel qui lui vaut une certaine notoriété
à travers le monde, et notamment au Japon (pourquoi
là-bas ? J’en sais rien). Or, si Nahon utilise
certaines figures de styles pour iconiser le personnage tel que son
apparition de dos dans un bar, cette iconisation se retrouve tout
simplement annulée par l’aspect du personnage en
lui-même. Difficile en effet de comprendre pourquoi ils lui
ont teint les cheveux en blonds, l’ont rasé
n’importe comment et lui ont fait portés des
vêtements aussi...voyants, disons.
Incompréhensible.
Mais ceci ne serait qu’un détail si le film
réussissait à tenir son spectateur en haleine par la
force de son intrigue. Ce qui n’est, une fois de plus, pas le
cas. Dès le générique du film, on devine
déjà tout ce qui va se passer dans la demi-heure qui
va suivre. Une fois le retournement de situation tant attendu,
alors l’histoire devient brouillon et cherche à se
créer une mythologie tirée par les cheveux à
laquelle il est difficile de croire. Peut-être manque-t-on
d’éléments ? Peut-être pas ? Toujours
est-il qu’en l’état, il est difficile de se
sentir concerné à tel point que quand le
deuxième retournement de situation apparaît, on
n’est guère surpris et on a plutôt tendance
à attendre la fin qui n’arrive pas. Le syndrome des
Rivières Pourpres frappe d’ailleurs encore puisque la
fin cherche une fois encore à donner dans l’outrance
et le spectaculaire là où une résolution
intimiste aurait été la bienvenue.
Malheureusement, la réalisation ne vient pas du tout
rattrapé cela. Ce qui est d’ailleurs étonnant
puisque Nahon semble capable de faire mieux. On se retrouve ici
constamment à jongler entre des plans magnifiques et
originaux et d’autres totalement hors de propos voir
incompréhensibles dans certaines séquences
d’actions. Mais ce qui est le plus dommage est que justement,
Nahon semble vouloir nous en mettre pleins les yeux, mais finit par
rater le coche. J’ose émettre l’hypothèse
qu’il devait plus être obsédé par la
recherche du plan qui frappera les rétines que par son
découpage et l’insertion de ce plan parmi les autres
tant le rythme semble lourd.
Malgré toutes ces réserves et le fait que je
n’ai pas apprécié ce film, je pense qu’il
est tout de même une fois encore bon de saluer cette
initiative et de soutenir Chris Nahon qui, j’en suis certain,
est capable de faire bien mieux et le fera si on lui en donne
l’occasion à l’avenir.
Jonathan Placide


wilfried
sam 07 fév 2009 15:51