le cinéma d'horreur français de 2003 à 2009  (dossiers) posté le mercredi 13 mai 2009 18:21

Cet article n’a pas pour but de lancer une nouvelle polémique sur la qualité des films traités, mais seulement d’essayer de comprendre les similitudes entre eux, et de proposer quelques pistes de réflexion.

Depuis qu’Alexandre Aja a sorti Haute Tension en 2003, une nouvelle vague de films d’horreur français s’est déversé sur la France. On peut citer entre autres le fameux Haute Tension mais également Frontière (s), Calvaire, Vinyan, A l’intérieur, Martyrs, Sheitan, Mutants, Humains ou le futur La Horde. Si la qualité n’est pas forcément toujours au rendez-vous, ces films étonnent dans le paysage cinématographique français, d’une part par leur affiliation à un certain cinéma populaire, en l’occurrence le cinéma d’horreur, mais également par une violence poussée à l’extrême et souvent dérangeante ainsi que par des références parfois communes.

N’ayant pas vu « Humains » et « Mutants » pour cause de distribution désastreuses des copies sur le territoire français, je ne m’en servirai pas d’exemple. En revanche il me semble que pour les autres films, au-delà des références souvent similaires (Massacre à la tronçonneuse, Lucio Fulci, Dario Argento…) qui y pullulent et qui sont sûrement dûs à l’âge des réalisateurs ainsi qu’à une cinéphilie commune et à des lectures similaires (Starfix, Mad Movies), une véritable personnalité s’y dessine néanmoins, contrairement à ce que certains ont pu dire. Influencé par les survivals, et reprenant une scène entière du Maniac de William Lustig, Haute Tension d’Alexandre Aja ne ressemble pas pour autant à tous les survivals américains et réussit à se créer sa propre identité. De même, Frontière(s)aux influences similaires se distingue clairement des survivals américains de par le contexte social dans lequel il se situe (les émeutes de banlieue), contexte identique à celui de A l’intérieur sans qu’à priori, selon leurs propres dires, les réalisateurs ne s’influencent les uns les autres ni même ne se ressemblent pour le moins du monde. A l’intérieur de Bustillo et Maury, justement possédant des influences allant plus vers le cinéma italien d’Argento et de Fulci, sans pour autant ressembler au cinéma italien en question mais plutôt en le mixant dans un tout cohérent peut-être plus proche de Mort un dimanche de pluie de Joel Santoni. Influence d’Argento que l’on retrouve également dans Martyrs de Laugier, bien que celle-ci soit encore plus digérées et qu’une fois encore le film ne me paraît pas ressembler réellement à un autre film connu, tandis que l’on retrouve clairement le type de personnages principaux, à savoir des jeunes de banlieues aussi bien dans Frontière (s) que dans Sheitan. Les deux films de Du Welz, clairement sous influences du Ne Vous Retournez Pas de Nicolas Roegg pour le thème de l’impossibilité de faire son deuil prennent également des chemins très différents, celui du survival pour Calvaire, et celui du film d’aventure métaphysique avec des résurgences des Révoltés de l’an 2000 pour Du Welz. En soi, j’ai l’impression que ce nouveau cinéma d’horreur français partage deux points communs, à savoir celui d’être un cinéma référentiel et extrême à la fois. Ce qui, pour moi, définit son identité. On pourrait remonter plus loin en parlant des B Movie tels que Promenons nous dans les bois ou Bloody Mallory, mais il me semble que ces films ne font pas partie de cette même vague, tout comme le cas Maléfique d’Eric Valette (sorti en 2002 donc avant Haute Tension) ou encore Ils de Xavier Palud et David Moreau me semblent également être des cas à part. Tout ça pour dire que ce type de film référentiel et ultra-violent me paraît être typiquement français (la manière d’assimiler ses références n’étant clairement pas Tarantinesque, par exemple). Et que l’on estime cela bon ou non, ces films sont clairement reconnaissables sur le marché du film d’horreur international.

Aussi, si certains se déroulent dans un climat politique clairement défini, ce n’est pas le cas de tous, et si les influences sont clairement très présentes dans ces films, c’est certainement leur violence extrême qui les rapproche le plus (même Vinyan, pourtant très calme sur ce côté-là, se termine par une scène d’éviscération ultra-graphique). Ayant lu pas mal d’interviews des réalisateurs de ces films, il me semble que leur violence est due au climat social de la France des années 2000, et que cette violence apparaît ainsi comme une vague de contestation, comme si les réalisateurs cherchaient avant tout à laisser exploser leur rage et leur dégout du système mis en place sur pellicule. C’est ce qui me semble le plus probable et en soi, ce n’est pas un cas unique puisqu’un pays comme la Chine a connu également une vague de films extrêmes (même si en l’occurrence, celle de la France n’est rien ni en terme de nombres de film, ni en terme de violence par rapport à la Chine) avec ce que l’on appelle les Catégorie III, films interdits aux moins de 18 ans qui ont déferlés par centaines entre 1989 et 1997 , soit entre les évènements de la place Tien An Men et la rétrocession de Hong Kong et la Chine, vague qui progressivement se calma au point de totalement disparaître (l’année dernière, seul un film appartenait à cette vague, Gong Tau de Herman Yau). Or, sans vouloir parler de politique ici, il semble que les émeutes de banlieues de 2005, précédées d’un climat violent et toute la politique qui en a découlé, ont probablement marqués les réalisateurs de ces films. Laugier déclarait lors de la sortie de Martyrs que son film était clairement une critique du gouvernement en place. Je pense aussi que plus ces films seront « censurés », dans le sens où leur diffusion devient de plus en plus difficile depuis l’affaire Saw 3 (un cinéma diffusant le film fut saccagé par des spectateurs), plus ces ils se multiplieront.

Tout ceci n’est que mon avis sur la question, et il ne cherche en aucun cas à faire office de vérité absolue. La qualité des films en question n’est pas non plus le sujet de l’article, et j’émets seulement ces hypothèses sur ces cas qui, quoi qu’on en pense existent bels et bien. Il est à noter que les réalisateurs du documentaire « Suck My Geek » préparent un film sur le sujet, surement bien plus documenté et développé que ces quelques mots.

Jonathan Placide

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UGC et le cinéma d'horreur  (coups de gueules) posté le lundi 27 avril 2009 18:42

Bonjour à tous,

j'ai envoyé un mail au service Client d'UGC, étant abonné illimité chez eux. Je voulais savoir pourquoi cette semaine, je ne pouvais pas voir "Humains" ainsi que "La Dernière maison sur la gauche" dans leur réseau de salles sur Lyon, ville où il y a 4 UGC en tout et pourquoi les deux films en question n'étaient diffusés que dans une seule salle UGC sur toute la France (à Paris bien sûr). Je leur ai également demandé si je pourrais, la semaine prochaine voir "Meurtres à la Saint-Valentin 3D" et si possible en 3D.

Comme je pense que cela peut intéresser un grand nombre de personnes, je me permets de poster leur réponse ici (je sais pas si j'ai le droit, au pire, ils me le diront). Malgré le fait que je leur ai dit que j'habitais Lyon, ils me parlent de Strasbourg, mais en dehors de ça, pas d'erreur. Je vous laisse seuls juges, et espère un petit débat là-dessus :

 

"Cher Abonné,


Nous faisons suite à votre courriel et sommes navrés que la programmation de nos salles ne rencontre pas votre satisfaction.

Tout, d’abord, nous vous précisons que les contraintes de programmation sont extrêmement complexes à lever et donnent lieu à de longs débats entre producteurs, distributeurs et exploitants.

Pour HUMAINS, par exemple, il est proposé, lors de sa sortie le 22 Avril dernier, 115  copies de ce film sur tout le territoire français.

Ce nombre de copies est à partager entre tous les exploitants cinématographiques (UGC, EuroPalace, Kinepolis, CGR….),  nous ne pouvons donc à regret le diffuser dans tous nos cinémas.

Ensuite, nous vous précisons qu’UGC projette des films de genre de manière régulière. MORSE, le Grand Prix du Festival du Film Fantastique de Gérardmer 2009, dont seules 23 copies furent tirées par le distributeur sur le territoire français, était présent dans notre réseau comme pour tous les Grands prix octroyés par le passés (L'ORPHELINAT, NORWAY OF LIFE...).

MORSE sera d'ailleurs diffusé lors de la manifestation UGC fête l'Europe le 9 mai dans votre UGC CINE CITE STRASBOURG.

[REC] a été soutenu par le réseau UGC via son label "Decouverte UGC " l'année dernière et largement diffusé dans notre réseau de salles. Tout comme L'ORPHELINAT, très présent chez nous. D'autres films fantastiques ont largement trouvé la voie de nos cinémas, dans des genres aussi différents que :

REEKER
ISOLATION
SOLITAIRE
PROM NIGHT
TEETH
MIRRORS
CALVAIRE
VYNYAN
MARTYRS
...

et cette liste est loin d'être close.


Aussi, DIARY OF THE DEAD a bénéficié quelques semaines avant sa sortie dans nos salles d’une avant première publique en présence de George A Romero dans notre UGC CINE CITE Halles, premier cinéma de France en terme de fréquentation. Et DIARY OF THE DEAD a par la suite connu une exploitation dans notre UGC CINE CITE Strasbourg, tout comme DOROTHY, HARD CANDY….

Comme vous l’avez constaté, cette semaine, le remake du film de Wes Craven « LA DERNIERE MAISON SUR LA GAUCHE » dont 87 copies ont été tirées,  est diffusé dans notre UGC ORIENT EXPRESS, tandis que HUMAINS distribués sur 115 copies est diffusé dans notre UGC CINE CITE Halles.

A ce titre, il faut savoir que nous demeurons tributaires du nombre de copies mises à notre disposition par les distributeurs. Nous sommes en effet diffuseurs des films et non pas distributeurs. Libre à ces derniers de choisir dans quel réseau de salle ils souhaitent voir diffusés leurs films. A fortiori en province ou notre réseau de salles est beaucoup moins important.

Les films que vous souhaitez voir ne sont peut être pas tous projetés dans notre cinéma Strasbourgeois, et nous en sommes désolés.
Avec près de 15 films sortant chaque semaine, nous ne pouvons diffuser tous les films qui sortent, notre réseau de salles n'y suffirait pas. Nous sommes de ce fait tenus d'effectuer un choix et de respecter également le choix des distributeurs, tout comme de se conforter aux règles de diffusion régionales en vigueur.
En effet, nous ne possédons pas la possibilité matérielle de projeter les plus de 600 films qui sortent chaque année.
Mais nous tentons toutefois d'équilibrer les desideratas de chacun (comédies, drames, films d'art et essai, action, aventures, fantastique, documentaires, films pour jeune public...) en fonction des possibilités qui nous sont offertes.


Concernant la projection numérique en 3D, celle-ci n'est pas, pour l'instant, à l'ordre du jour chez UGC.

Il s'agit d'une technologie qui, en l'état actuel, n'apporte aucun "plus" au spectateur. Dans le meilleur des cas en effet, le numérique semblerait offrir une qualité seulement comparable à la projection argentique. De plus, cette technologie est encore loin d'être stabilisée et standardisée.

Or, UGC a toujours investi dans les améliorations techniques lorsqu'elles améliorent le service à nos clients, comme par exemple le son digital pour lequel nos salles ont été parmi les premières à s'équiper.

De même, nous investissons aujourd'hui dans le système de réservation par téléphone ou web UGC PROMPTO, notamment à travers le panier de réservation qui vous permet en une seule fois de réserver plusieurs places avec différents moyens de paiement, vous simplifiant ainsi le cinéma en étant sur de voir le film que vous voulez en évitant les files d'attentes aux caisses.

Nous vous remercions pour votre compréhension, et espérons vous accueillir prochainement dans nos salles.

Bien Cordialement,

Pierre Gasnot Vaquer

Service Clientèle UGC"

 

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OSS 117 : Rio ne répond plus (2009) de Michel Hazanavicius  (critiques de films) posté le jeudi 23 avril 2009 01:51

Y a un truc que j'adore au cinéma, c'est voir les gens quitter la salle durant le film, choqués par ce qu'ils sont en train de voir. C'est ainsi que j'ai pu voir une personne d'origine asiatique, peut-être chinoise quitter la salle lors d'une blague sur les chinois, et d'autres personnes partir lors de blagues sur le peuple juif. Ce qui me donne envie de lancer un début sur "Peut-on rire de tout ?". Non, je rigole, on s'en fout en fait.
En tous cas, vous aurez compris que le personnage d'OSS 117 est toujours aussi raciste, ne vous inquiétez pas pour autant, il reste également mysogine et toujours aussi idiot. Heureusement, puisque presque tout l'humour du film est basé là-dessus, à de rares exceptions près. Mais dire que le film est entièrement assuré par Jean Dujardin serait faux, car Hazanavicius y fait une fois de plus preuve de goûts en multipliant des références que le grand public ne verra pas forcément, avec une nette préférence pour le cinéma d'Hitchcock d'ailleurs (La Mort aux Trousses et Vertigo sont plusieurs fois cités, ainsi que la 5ème colonne) et une scène entière en hommage au Magnifique de Philippe De Broca. Les plus geeks d'entre nous apprécieront également l'hommage rendu aux films de "lucha libre".
Par contre, une chose qui m'a fortement déplue, c'est le copié-collé d'un gag complet d'Austin Powers de Jay Roach (le gag du téléphone en split-screen). Car si le principe même d'avoir fait d'OSS 117 une parodie renvoit forcément au personnage créé par Mike Myers, je pense qu'il y avait une manière plus subtil de lui rendre hommage. De même, le rythme du film souffre toujours du fait que l'histoire ne semble être qu'un prétexte à l'enchainement de sketch, même si cela se ressent un peu moins que dans le premier volet.
Mais ce OSS 117 n'en est pas moins une bonne comédie, chose rare en France ces temps-ci. google_ad_section_end -->

Jonathan Placide

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OSS 117 : le Caire nid d'espions (2006) Michel Hazanavicius  (critiques de films) posté le jeudi 23 avril 2009 01:47

Lorsqu'en 2006, Michel Hazanavicius décide de réaliser OSS 117, ce n'est pas tout à fait pour en faire une énième adaptation des romans de Jean Bruce, mais plutôt un détournement. En cela, il peut effectivement passer pour l'homme de la situation, lui qui est surtout connu pour avoir réaliser "Le Grand détournement" (aussi connu sous le nom de "classe américaine"), même si on peut effectivement douter de lui vu ses travaux récents (scénariste des Daltons...).
L'idée est assez simple et menée avec talent, Hazanavicius reprend l'esthétique du technicolor et des anciens OSS 117 avec brio. Il réalise ainsi une sorte de film expérimental ne sombrant jamais dans la gratuité. D'ailleurs, le fait de tourner le film en hommage à un cinéma désormais quasiment disparu permet, chose rare ces derniers temps, d'offrir des scènes de combat tout a fait lisible et correctement mises en scènes. Ce qui n'empêche pas quelques plans ratés (le coup de poing face caméra par exemple). Il est aidé par une équipe technique totalement dévouée au film, dont Guillaume Schiffman qui réalise un formidable travail en tant que directeur de la photographie et aussi, bien sûr, Jean Dujardin. L'acteur excelle à camper le personnage d'OSS 117, un espion crétin, mysogine et raciste, que son jeu réussit à rendre attachant, ce qui était loin d'être gagné, surtout que presque tout l'humour du film tourne autour de ses répliques et réactions.
Reste que si l'humour est omniprésent et la réalisation bien au-dessus de ce que propose la comédie française en général, il n'en reste pas moins que le scénario est le véritable point faible du film. Tout semble en effet avoir été écrit par séquence, et donne plus l'impression de suivre un assemblage de sketch aux personnages récurrents, qu'un scénario avec de véritables enjeux.
Dommage, mais c'est tellement mieux que "Bienvenue chez les Ch'tis".

Jonathan Placide

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FALCON MOVIES et 300 TRA DUE BINARI  posté le dimanche 08 mars 2009 13:25

Puisque ce site existe pour promouvoir le cinéma populaire français, j’en profite également pour parler de l’association dont je suis le président, FALCON MOVIES.

 

Le 11 Mars aura lieu à Turin l’avant-première de notre premier long-métrage. Un film tourné en Italie et en France et dont le but est de sortir au cinéma dans les deux pays. Son titre est 300 tra due binari. et son réalisateur est Mathieu Gasquet. Si pour l’Italie, la sortie s’avère être de plus en plus probable, ce n’est pas le même cas pour la France. C’est pourquoi le 12 Mars aura lieue une avant-première en streaming sur www.300traduebinari.com de 9h à minuit à laquelle le plus de monde possible est convié. Et surtout, après avoir vu le film, tous vos commentaires seront les bienvenus. Nous sommes nombreux à chercher à faire du cinéma en France, c’est pourquoi nous demandons votre aide, à tous. Parlez-en autour de vous, s’il vous plaît, nous comptons sur vous.

 

En attendant, n’hésitez pas à passer voir toutes nos productions sur le site www.falconmovies.fr

Nous comptons tous sur vous.

 

Si vous souhaitez également entrer dans l’association, sachez que toute personne faisant preuve de motivation est la bienvenue. FALCON MOVIES fonctionne sur un principe de partage et d’entraide. Le réalisateur devient technicien sur la prochaine production tandis que les techniciens, s’ils le souhaitent, deviennent réalisateurs…

 

Jonathan Placide

 

 

Si vous faites des courts-métrages ou des longs-métrages, envoyez-nous un article sur ceux-ci et ils seront publiés sur ce blog.

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